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Référencement en Asie

Par Julien, le Vendredi 22 mai 2009 à 11 h 05 min, classé dans Référencement.

Les marchés sur Internet en Asie sont très dynamiques. Mais la barrière de la langue est souvent un frein considérable pour attaquer ces marchés. Le fonctionnement n’est pas le même, mais les solutions existent, petit décryptage pour se lancer sur ces marchés et mieux comprendre la culture pour éviter les erreurs.

Pourquoi l’Asie est importante ?

Sur Internet, la langue la plus utilisée est l’anglais, néanmoins, le chinois arrive en second, tandis que le japonais est 4ème derrière l’Espagne. Le français complète ce TOP5. On remarque que le Coréen figure en 10ème position des langues les plus utilisées sur Internet.

Avec ces quelques chiffres, on remarque très rapidement que l’Asie fait déjà partie du paysage Internet. Regardons plus précisément les utilisateurs. L’Asie possède le plus d’utilisateurs sur Internet et représente presque le double de l’Europe. L’Amérique du nord n’arrive qu’après. Mais là où cette dernière arrive au maximum de ses possibilités (74,4% de taux de pénétration), l’Europe n’en est qu’à la moitié (48,9% de taux de pénétration), et l’Asie n’en est qu’à ses débuts (17,4% de taux de pénétration).

L’Asie dans son ensemble, mais surtout la Chine, a donc une forte marge de progression. C’est déjà le pays qui utilise le plus Internet, 3 fois plus que le Japon. Pourtant la Chine a une très forte marge de progression possible contrairement à tous les autres pays déjà bien implantés. On sait que les Chinois sont nombreux, on sait que les Chinois font de gros investissements, ces deux facteurs réunis assurent à la Chine une lace de premier choix dans tous les domaines, dans les quelques années à venir.

Focus sur la Chine

Si on se focalise sur la Chine spécifiquement, sa progression ces dernières années est impressionnante.

Progression de la chine

Progression de la chine

Il y a 298 millions d’utilisateurs Internet, dont 270 millions qui ont l’ADSL. Il y a également prêt de 118 millions d’utilisateurs mobiles.

La population qui utilise Internet, est essentiellement des personnes ayant moins de 30 ans (67%). Dès qu’on arrive au-delà de 30 ans, la part d’utilisateur chute considérablement. Les plus gros utilisateurs sont sans surprises des étudiants pour la plupart. En faite, ce sont 1 Internaute sur 3 qui sont des étudiants. On trouve ensuite des employeurs, des fonctionnaires, des commerçants. Les utilisateurs sont des personnes ayant un bon niveau de culture. Leur rémunération est relativement faible puisque 87% des Internautes Chinois gagnent moins de 333€ par mois. La plus grosse part (26%) revient à ceux qui gagnent moins de 56€ par mois.

On notera également, que 86,7% des Internautes non étudiants, ont au moins le BAC. 1 Internaute sur 4 à même un BAC+4, au-delà les parts tombent.

68% des Internautes font un usage régulier des moteurs de recherche et ce nombre est croissant. Le leader en Chine est Baidu. La part de marché de Baidu en Chine est de 76,9%. Google détient 16.6% du marché. Les autres moteurs se contentent des restes. En revanche si on parle de référencement payant, Google et Baidu se partage le marché équitablement. La différence, est que sur Google les liens payant sont clairement identifiés, et sont limités en nombre. Sur Baidu c’est indiqué mais très discrètement et on peut trouver des pages entières de résultats payant. Donc même avec un bon travail sur le référencement naturel, la première page n’est pas assuré.

Ce qu’on constate dans la différence des Internautes sur les moteurs de recherche, c’est que les utilisateurs de Baidu ont tendance à avoir un niveau d’enseignement moins élevé que ceux de Google. En faite on constate simplement que les utilisateurs de Google sont des personnes ayant un bon niveau de vie général, et ceux de Baidu est la couche populaire de la Chine. Cela s’explique simplement par le fait, que Google est beaucoup plus occidental, et que les Internautes ayant un bon niveau de vie, sont plus ouvert aux autres cultures, voyages, ont une vision différente. Par rapport à sa part de marché, Google tire donc très bien son épingle du jeu en attirant autant d’annonceurs.

Les centres d’intérêt des Internautes Chinois sont variés. Beaucoup cherchent de l’actualité. La musique est un domaine que l’Internaute Chinois aime beaucoup, loin devant les films et les jeux.

La recherche d’un Internaute Chinois est constituée d’un seul mot clé en majorité et de quelques mots assez souvent.

Qu’est-ce qui change en Chine ?

Le plus gros facteur à prendre en compte, est la connexion. Les Chinois ont beau avoir l’ADSL, c’est très lent. Il n’est pas rare de constater des chargements aux alentours des 2 minutes. Les différents tests disent que la vitesse de chargement est multipliée par 4 par rapport à l’Europe. C’est pour cela que le Yahoo Chinois dispose d’une page d’accueil totalement remanié, avec son moteur de recherche seulement, contrairement aux autres pays, où il y a les actualités, des jeux, les mails, … Beaucoup de sites ont une version dédiée à la Chine.

En faite cette contrainte à nos yeux, n’en est pas une pour les Chinois. Leur manière de naviguer est tout simplement différente. Ils ouvrent plusieurs pages en même temps, et lise le contenu pendant que les autres pages se chargent. En faite les sites sont conçu d’une manière très différente, la page d’accueil comportent énormément de liens, dans le but d’en ouvrir un maximum tout de suite. Plus un site est rapide à charger, plus il sera lu. Un Internaute Chinois lit beaucoup plus qu’un Internaute Occidental.

Lorsqu’on suit ses statistiques, on s’aperçoit que le trafic subit de fortes variations. La principale cause est la fraude au clic. C’est un fléau en Chine. La seule solution est de collaborer avec les moteurs, pour demander l’arrêt auprès des fraudeurs, les moteurs rembourseront tous les clics frauduleux.

Des études comportementales montrent qu’un Chinois lit beaucoup. Le eye tracking, qui consiste à représenter où un Internaute regarde sur son écran, est tout simplement spectaculaire en Chine.

Eye tracking pour Google et Baidu

Eye tracking pour Google et Baidu

Contrairement au comportement occidental où on voit très bien que l’œil ne fait que regarder le haut de l’écran à gauche, sur le Google Chinois l’œil utilise toute la largeur de l’écran. Sur Baidu c’est toute la page qui est regardée.

Le temps passé sur une page, est en moyenne de 9,6 secondes sur Google.com et de 30,2 secondes sur Google Chine. Sur Baidu ça monte à 55,2 secondes.

En Chine on considère souvent qu’il y a de la censure. Sur Internet c’est faux. Il y a effectivement des personnes qui contrôlent le web pour le compte du gouvernement, cependant ce n’est « que » pour le contenu politique ou sexuel. Une marque de voiture, aura donc aucune chance de se faire censurer. Les rares cas qui se sont produits, comme Google, sont des manœuvres politiques.

Autre particularité, les Chinois accèdent à Internet depuis des Cybercafés (42%). La maison reste tout de même une valeur sûre (78,4%), le travail (20,7%) reste faible, l’école et les lieux publics sont insignifiants. Bien sûr un Internaute accède à partir de plusieurs endroits.

La langue elle même est un frein

En Chinois (et en Japonais également), les caractères qui composent les mots peuvent avoir une signification différente si on prend le caractère seul. Or, il n’y a pas d’espace lorsqu’on écrit en Chinois et en Japonais. Le robot d’un moteur de recherche, aura donc du mal à différencier les mots les uns des autres. D’où un fort risque de trafic qui n’a rien à voir avec votre site.

En référencement payant, la solution a adopter est de faire une liste de mots négatifs. C’est-à-dire les mots que l’on ne désire pas acheter. Les cas les plus connu parlent d’eux même. On achète le mot clé « hôtel » et l’annonce apparaît aussi pour le mot « alcool », de même pour le mot clé « montre mécanique », l’annonce apparaîtra aussi pour « billet d’avion ». D’où des dépenses inutiles et même une image écornée dans le premier cas.

Rajoutez à cela que suivant les régions en Chine, les mots changent. C’est un peu comme la différence entre le Français de France et le Français du Canada ou l’Anglais d’Angleterre et l’Anglais d’Amérique. Il y a des divergences. Même en France, on a les fameux chtis, qui utilisent des mots différents. Sauf qu’en Chine c’est carrement une autre langue. Chaque région parle sa langue.

Focus sur le Japon

Le marché Japonais pour Internet est déjà bien en avance. Les Japonais sont accros aux technologies, et aujourd’hui, au Japon on surf sur son téléphone. Prêt de trois personnes sur 4 utilisent Internet au Japon. Chose extraordinaire, c’est dans ce pays que Yahoo domine Google (eh oui ça arrive). Sauf que Google (25%) progresse et que Yahoo (60%) régresse.

On parlait un peu avant de l’écriture. Pour le Japonais il y a quelques spécificités propres à cette langue. D’abord pour l’écrire il faut utiliser plusieurs écritures. Certains mots peuvent être écrit en Kanji, katakana, hiragana ou encore en romanji. Pour une marque, les Japonais sont plus ouvert, ça ne les gêne pas de voir une marque écrite à la manière occidentale. Néanmoins pour le reste, cela signifie une multitude de possibilité, d’où un travail accru sur ce point précis.

La création d’un site au Japon passe évidemment par un site « normal » et un site mobile. C’est essentiel. Les Japonais l’utilisent déjà beaucoup, et la progression est fulgurante, et ne cesse de croître. Pour les achats en ligne, le mobile est très utilisé également. En faite le mobile sert à tout, récupérer un code barre pour atterrir directement sur le site web marchand, prendre une photo d’un produit pour voir le site, payer ses factures, payer à la caisse, … Autant d’utilisation qui n’existent pas encore en Europe.

Un Japonais utilise beaucoup d’argent cash, il se balade dans la rue avec beaucoup de monnaie sur lui. S’il n’en a pas, il paye avec son téléphone. La carte bleu est très peu utilisé. Bien sûr, par Internet le paiement par carte est faisable. C’est tout de même un élément de culture à prendre en compte.

Le référencement

Référencement naturel (SEO)

Puisqu’on parle de référencement, allons-y. Les moteurs de recherches savent décrypter le langage d’un site asiatique. En revanche le système de classement reste le même partout. Un site européen qui est mal classé en Asie, est simplement dû à la mauvaise traduction, la qualité du texte demeure très importante (comme en Europe). Il est donc préférable de faire traduire son site par quelqu’un de langue maternelle avec un bon niveau de rédaction et connaissant le fonctionnement des moteurs de recherche.

C’est facilement compréhensible, un Asiatique qui désire traduire son site en français, si il veut vous concurrencer, mieux vaut que le site soit bien traduit, sinon vous garderez toujours votre longueur d’avance. C’est donc pareil dans l’autre sens.

De la même manière qu’on travail son site en français (voir anglais ou d’autres langues), il faut le travailler dans les versions Asiatiques. Les règles de référencement sont les mêmes, il faut donc respecter les même choses que pour un site français. Faire des liens de qualité avec des sites Asiatiques, éviter le duplicate content, avoir un contenu de qualité, … Il faut juste garder en tête que la concurrence est rude, il y a bien plus de sites que dans nos contrés.

Référencement payant (SEM)

Le référencement payant est souvent une bonne solution. En revanche il peut devenir très vite élevé. J’en ai fais l’expérience pour le marché Japonais où les tarifs au clic montent très haut sur des mots concurrentiels. Si on fait une campagne de publicité dans un pays Asiatique, mieux vaut utiliser les outils du pays et rester en contact avec les moteurs de recherche pour s’assurer un suivi.

A savoir qu’en achetant des mots clés en rapport avec la page ciblée, on a de forte chance de payer moins.

Conclusion

Le référencement en Asie est donc très spécifique, comme vous avez pu le voir il n’est pas impossible de réussir à attaquer ces marchés, il faut respecter quelques spécificités pour s’assurer une meilleur rentabilité.

La Chine est un gros marché, mais il en existe d’autres. Le référencement en russie est aussi une autre problématique, d’où une sujet spécifique de notre part.

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2 commentaires sur “Référencement en Asie”

  1. Christophe dit :

    Excellent article !
    L’explication sur la différence entre le langage occidental et asiatique me fait penser que, finalement, différencier les mots (pour un moteur de recherches) ne sert pas à grand chose. Si le chinois s’écrit sans espace, il faut créer un algorithme capable de distinguer des mots par leur composition (traitement sémantique) et donc extraire les ensembles de caractères qui forment un mot. Tout ça pour dire qu’avec les langues occidentales on se contente principalement d’extraire chaque mot et les traiter après (une étape de plus).

  2. Julien dit :

    En faite, même en français les robots essayent de comprendre le sens général du texte, pour en déduire le véritable sens de chaque mot. Parce qu’en français (dans d’autres langues occidentales aussi, mais surtout en français), on a beaucoup de mots à double (voir triple) sens.

    Par exemple si je prends le mot « servir », je peux parler de se servir d’un objet, si j’étais un restaurateur, je parlerais de serveur, or ce mot peut également désigner une machine qui héberge les sites Internet. Si je conjugue le verbe servir, en français on obtient d’autres mots, dont la racine est très courte, et trop aléatoire pour qu’un robot puisse le déduire de lui même. D’autres verbes peuvent carrément changer selon les temps (avoir -> eu).

    Ce n’est plus vraiment du traitement de données tout bête, il y a carrément de la linguistique derrière. Je pense que les moteurs de recherche ont beaucoup avancés dans le domaine, ils sont capable de très bien comprendre le sens générale d’une page. Il n’y a qu’à voir les publicités adsense qui collent parfaitement au sujet, même si les pages ne traitent pas toutes d’un même sujet. En revanche je pense qu’ils ont encore du mal à bien détecter le sens des mots les uns avec les autres, et ça se vérifie en essayant d’aller traduire un texte d’une langue à une autre, c’est très approximatif, et souvent du mot à mot.

    Ils avancent sur le sujet, et dans quelques années le contenu sera probablement bien compris, d’où l’importance d’un contenu claire et bien rédigé.

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